Fondation de l'humanisme

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Fondation de l'humanisme

Messagepar pgosselin » Ven Jan 09, 2009 2:42 pm

Les conditions de l’existence humaine


La liberté de conscience

Descartes affirmait : « je pense donc je suis ». Il aurait pu ajouter « je suis donc libre de le penser » car sans une telle liberté je ne pourrais point savoir que je suis. Je suis donc doté de la liberté de penser. Je constate aussi que je puis penser toutes les idées qui se présentent quelles qu’elles soient. Je jouis donc de la pleine liberté de conscience en ayant la capacité, le loisir, le privilège d’élaborer des idées, des concepts, des propositions selon mon bon plaisir. Je puis alors affirmer sans crainte de me tromper que le premier principe fondamental sans lequel l’être humain ne pourrait élaborer une structure cohérente de sa pensée est sans contredit la liberté de conscience. Sans elle aucune autonomie, aucun choix, aucune créativité ne seraient possibles. Nier ce fait, ce serait automatiquement nier la propriété fondamentale de la conscience à savoir la capacité de l’humain de se faire des modèles de l’univers qui lui est extérieur, aptitude qui lui permet de s’y situer et d’interagir avec toutes les composantes de son environnement. Par une telle négation, il s’aliénerait à lui-même et à la nature.


La primauté de la nature

La liberté de conscience acquise, l’humain se fait une image de lui-même comme de toute autre structure qu’il perçoit dans la nature. Qu’il puisse se considérer comme une structure particulière et unique ne l’exclus ni ne l’en dissocie pas pour autant de son intégration à la nature. Faisant partie du grand tout, il ne peut se placer ni au-dessus ni hors de la nature. Au dessus, ce serait pure fatuité et en dehors pur illogisme, pure fantaisie. Ainsi, il reconnaît la primauté de la nature ce qui constitue un second principe fondamental. L’humain ne peut s’épanouir pleinement qu’à l’intérieur de ce cadre tant et aussi longtemps qu’il y demeure et le respecte.


La science appréhendant le monde

Les modèles qu’il peut élaborer des structures perçues de son univers ne peuvent servir l’humain que s’ils sont en étroite conformité avec ce qui est. En effet ces modèles constituent l’univers interne dans lequel il se situe et à partir desquels il élabore des relations et des stratégies d’action qui lui permettent en retour d’évoluer dans le monde externe. Ainsi, il doit constamment les valider, les raffiner, les améliorer, les modifier ou encore les remplacer par d’autres plus adéquats au fur et a mesure que sa connaissance du monde s’accroît. L’ensemble de ces modèles validés constitue la science et les méthodes par lesquelles il les élabore est la méthode scientifique. Ces méthodes ne sont rien d’autre que l’expression cohérente de cette liberté de conscience que l’on qualifie de rationnelle et de logique dans la modélisation de la nature, processus éminemment nécessaire et essentiel à la vie de l’humain. La science appréhendant le monde, est le troisième principe fondamental sans lequel l’humain ne saurait être.


Des relations d’égalité, de réciprocité, de coopération et de responsabilité

S’étant fait un modèle de l’univers et y ayant trouvé sa place, l’humain ne peut que se regarder et interroger son semblable. Prenant conscience de la multitude de ses pairs, constatant que tous ont les même propriétés que lui-même, que tous sont en étroite interdépendance de même qu’avec l’environnement, il construit le modèle social dans lequel il inscrit ses références. Toutes ses relations, tant avec ses semblables qu’avec l’environnement, sont des stratégies d’action qui doivent lui garantir de façon optimale l’intégrité et la sécurité. Les stratégies qui reposent sur des principes basés sur des relations d’égalité, de réciprocité, de coopération et de responsabilité de tous et de chacun sont les plus efficientes, maximisent les avantages et garantissent la liberté, l’égalité, la sécurité, l’autonomie ainsi que la stabilité et la pérennité des systèmes.


La compassion, l’empathie et l’expérience

Les comportements sociaux émergeant affectent la perception qu’à l’humain de lui-même. L’expérience humaine et sa capacité de vivre les émotions de ses semblables lui permettent de distinguer nettement ce qui lui procure joie et bonheur de ce qui menace sa sécurité et son intégrité. S’en suit la catégorisation des comportements et des valeurs en utiles ou nuisibles, en commandements ou en interdits. L’humain conçoit alors des règles et lois éthiques appelant comme principes de base la compassion, l’empathie et l’expérience destinées à lui assurer santé, sécurité et intégrité. Ainsi il peut préserver sa dignité, son autonomie et sa vie privée.


La démocratie, le droit, les obligations, les privilèges et la tolérance

La société des humains n’est pas homogène étant formée de nombreux groupes, chacun ayant ses propres caractéristiques et expériences. Comme tous ces groupes n’entendent pas également les principes précédents, apparaissent alors différentes façons d’appréhender le monde et les conflits sont alors inévitables. La démocratie, le droit, les obligations, les privilèges et la tolérance comme principes permettent de résoudre les conflits entre groupes distincts ou du moins de les contenir et d’assurer un minimum d’équilibre et de stabilité. Ainsi, un contrat social comportant des règles et des lois garanti des relations harmonieuses entre les groupes et entre les individus.


La responsabilité environnementale

La stabilité du système social va de pair avec celle de la nature qui abrite et nourrit l’humain. Le milieu naturel, l’environnement, est un système fermé et limité, en équilibre dynamique tant dans ses formes inertes que vivantes. Tout changement, toute perturbation appelle des réactions vers un nouvel équilibre. L’humain agit ordinairement à dessein en vue de résultats définis. Ses actions conduisent vers de nouveaux états qui peuvent être favorables ou défavorables soit à l’humain , soit à la nature ou soit aux deux. L’appréciation de ce qui est favorable ou défavorable ne peut être compris qu’à travers le filtre des modèles de l’univers, de la société, de la science acquise et des valeurs acceptées. En cela, l’humain est responsable de ses interventions et se doit donc de les faire de façon à maximiser les avantages et à minimiser les inconvénients tant pour lui-même que pour la nature. Sans le principe de la responsabilité environnementale, il s’expose à des situations qui pourraient être des plus néfastes pour sa survie immédiate ou future et globalement pour celle de la vie sur la planète.


La consommation équilibrée et la croissance limitée

La source énergétique primaire sans laquelle la vie sur terre serait impossible est le soleil. Indépendamment des réserves accumulées des époques antérieures et du potentiel quasi infini du nucléaire, cette source déverse sur la planète un flux bien défini. Il y a donc une limite énergétique disponible pour l’ensemble des processus de la vie. En tout temps, la partie consommée par l’humain est fonction du minimum vital requis et du nombre d’individus. Parallèlement, la qualité de la vie est une fonction directe de la disponibilité des ressources et une fonction inverse de la population consommatrice. Il est clair que l’activité humaine se traduit par de multiples processus complexes s’influençant mutuellement. Il s’en suit que la croissance de tout processus atteint nécessairement un point de saturation au delà duquel sa dégradation, sa stabilité et sa survie sont mises en cause. On ne connaît pas de structures permanentes ni éternelles, tous les processus se dégradent et doivent être réparés sinon remplacés. Ainsi l’humain conscient et responsable considère en toute chose le principe de la consommation équilibrée et la croissance limitée à un niveau acceptable au vu des ressources disponibles. Ce principe s’applique tant au niveau des populations humaines qu’à toutes ses activités. Et parce que l’argent est un médiateur des interactions humaines, le corollaire en est que ce principe s’étend de même aux processus économiques, aux profits sur les capitaux, au commerce ou à toute autre activité. Ainsi la stabilité non seulement de chaque processus individuel sera-t-elle garantie mais aussi l’ensemble de la vie planétaire.


Les principes fondant les conditions de l’existence humaine sont les suivants:


- La liberté de conscience
- La primauté de la nature
- La science appréhendant le monde
- Les relations d’égalité, de réciprocité, de coopération et la responsabilité
- La compassion, l’empathie et l’expérience
- La démocratie, le droit, les obligations, les privilèges et la tolérance
- La responsabilité environnementale
- La consommation équilibrée et la croissance limitée



L’humanisme

L’humanisme est la philosophie de vie qui se fonde sur les principes précédents et n’est que l’expression naturelle et conséquente du respect de la vie dans son sens le plus large et le plus étendu.

Ce n’est qu’à partir de ces principes qu’une définition opérationnelle de l’humanisme pourra se concrétiser, c’est-à-dire que des orientations, des politiques, des actions, des engagements, des méthodes, des interprétations ou tout autre modus vivendi pourront en caractériser et préciser la nature intime.
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Re: Fondation de l'humanisme

Messagepar françoise » Mer Mar 11, 2009 3:38 pm

Est-ce que le spécisme fait parti des fondations de l'humanisme? Si oui, sur quelles bases raisonnables, éthiques et environnementales cela est, si non l'anti-spécisme implique des choix concrets au quotidien qu'ils seraient bons de mentionner dans votre article par ailleurs très clair.

Autre question: est-ce que l'humanisme pense que l'humain est un animal ou non? Si oui, cela implique que nous sommes condamnés à survivre, comme les animaux, dans un constant rapport prédateur-proie avec notre environnement, sinon que nous sommes libres d'adopter la convivialité avec tout autre que soi. Personnellement je penche pour la deuxième option, je n'ai envie d'être, ni le plus grand prédateur, ni la plus démunie des proies. Vive le libre choix et la libre-pensée!

Définition du spécisme (en cas): le spécisme est cet élitisme idéologique qui justifie et impose l'exploitation, l'utilisation et l'abus des animaux, jugés inférieurs, de manière qui serait intolérable si la victime était humaine.
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Re: Fondation de l'humanisme

Messagepar pgosselin » Jeu Mar 12, 2009 1:18 pm

Selon le principe de responsabilité environnementale, «l’appréciation de ce qui est favorable ou défavorable ne peut être compris qu’à travers le filtre des modèles de l’univers, de la société, de la science acquise et des valeurs acceptées. En cela, l’humain est responsable de ses interventions et se doit donc de les faire de façon à maximiser les avantages et à minimiser les inconvénients tant pour lui-même que pour la nature». Selon un autre principe, «l’humain conscient et responsable considère en toute chose le principe de la consommation équilibrée et la croissance limitée à un niveau acceptable au vu des ressources disponibles».

L’humain constate que, parmi les êtres vivants, les mammifères jouissent de propriétés qu’il reconnaît en lui-même. Ainsi ses sentiments de compassion rejoignent ces êtres dans la mesure où il s’y identifie le plus. En conséquence, il élargit ses règles éthiques et légifère de sorte à définir sa responsabilité face à ces êtres.

Une constatation évidente est que «la vie se nourrit de la vie» à tout les niveaux. Dans une société où les modes d’accès à la nourriture sont multiples et variés, chaque personne peut faire les choix qui correspondent à son niveau de connaissance, à ses valeurs et à la culture dont elle est issue, toujours dans le respect d’une consommation équilibrée.

L’utilisation des êtres vivants à des fins autres que nourricières sont très spécifiques et la société technologique respectueuse de son environnement se limite à ce qui n’est pas possible de faire autrement.

Le «spécisme» tel que défini est en flagrante contradiction avec ce qui précède.

Dans la chaîne des organismes vivants qui va du plus simple au plus complexe, comme dans la séquence des animaux, comme dans la suite des mammifères, comme dans l’évolution de l’homo, dans toutes ces gradations d’un moins évolué à un plus évolué, l’individu au sommet de sa classe partage des caractéristiques de son prédécesseur et dispose de nouvelles qui lui confèrent un avantage évolutif supérieur. Ainsi dit, l’humain au sommet de sa classe est un animal qui possède un plus. Comme animal il en vit les nécessités auxquelles s’ajoutent celles qui le font humain. Sauf que l’humain ne vit pas ses nécessités comme l’animal les vit, il les gère autrement parce qu’il est humain. Face aux autres animaux, l’homme animal n’est certainement pas un très bon prédateur, par contre il est le meilleur prédateur parce qu’il est humain. Et parce qu’il est humain, il est aussi le meilleur protecteur. Aussi parce qu’il est humain, il peut balancer tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, il peut être très versatile dans ses choix.

Très certainement l’humaniste n’est pas un prédateur.
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Re: Fondation de l'humanisme

Messagepar françoise » Ven Mar 13, 2009 12:16 am

Pourquoi considérer les animaux comme des ressources ou des commodités? Est-ce que l'ancienne croyance selon laquelle *Dieu a mis les plantes et les animaux sur terre avant nous pour nous servir* s'est infiltrée dans l'humanisme libre-penseur? Et si les animaux étaient là pour eux-mêmes, chacun ayant droit à sa vie? Comme les animaux dans nos sociétés modernes ne nous sont plus indispensables comme source de nourriture, pourquoi continuer à les chosifier? Et si notre authenticité humaine était en jeu dans cette pratique désuete, est-ce que cela vaudrait la peine de faire semblant de l'ignorer?
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Re: Fondation de l'humanisme

Messagepar Frédéric Hewitt » Lun Mar 16, 2009 10:49 pm

L'AHQ n'est ni spéciste, ni antispéciste... L'humanisme place l'humain au centre de philosophie, mais placer l'humain au centre d'une philosophie n'implique pas de le placer au dessus de tout le reste. L'humanisme ne se prononce donc pas sur le spécisme. Voilà pour l'association.

À priori, la majorité d'entre nous, moi compris, comme individus, ont une position mitoyenne : On mange indéniablement trop de viandes et les animaux devraient avoir droit à des conditions de vie raisonnables, mais l'élevage à des fin d'alimentation reste tout à fait acceptable.

Personnellement, je crois que l'argument antispécisme rencontre une faille évidente lorsque l'on regarde les cas limites. La bactérie à t'elle droit à la vie ? Après tout c'est un animal, elle aussi... Devrait-on donc bannir les antibiotiques ? Ou les conserver seulement dans les cas où l'infection risque d'entrainer la mort, et parler alors d'autodéfense ? Tiens, une colonie de fourmis charpentière s'installe dans mon balcon... Que faire ? Ont-t-elle droit à la vie plus que j'ai droits à un balcon ? Que faire avec le nid de guêpes dans la remise ?

On voit bien que les droits humains ne sont pas applicables aveuglément à tous les animaux : l'intérêt de l'être humain peut avoir le dessus dans divers cas. La question n'est donc pas de savoir si les animaux ont les mêmes droits que nous, mais où l'on doit placer la limite entre les deux extrêmes.

Sinon, je rejette l'idée selon laquelle nous ne sommes plus tributaires des animaux comme source de nourriture. Un régime uniquement végétarien (sans lait, sans oeufs, sans suppléments de source animal et autres produits dérivés) est tout à fait possible, mais difficile à maintenir et exige énormément d'attention et de variété pour éviter les carences, particulièrement chez les enfants où ces carences peuvent avoir un impact important sur leurs développement. C'est donc possible sur une base volontaire, mais certainement pas à l'échelle d'un choix de sociétés dans l'état actuel des choses.
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Re: Fondation de l'humanisme

Messagepar françoise » Jeu Mar 19, 2009 2:09 pm

Je ne plaçais pas la discussion au niveau du droit des animaux mais au niveau attitude *prédateur-proie* versus *convivialité*. Donc il est tout aussi dommage pour l'humain d'être prédateur que d'être proie. Si vous avez des fourmis ou autres nuisances ans votre territoire vous êtes en droit de vous défendre. Pour ce qui est du régime végétalien cela n'est pas si difficile et même pour les enfants. Il existe actuellement des personnes qui toute leur vie ont été végane et qui sont en parfaite santé et qui vivent très vieux....Je vous concède que se défaire d'habitudes qui datent d'au moins 10 000 ans n'est pas facile, la pression sociale étant énorme pour ne pas déroger des *normes sociétales* mais aujourd,hui à part le dommage à notre côté spirituel il vient s'ajouter le côté écologique, l'élevage des animaux de boucherie représentant autant de pllution que toutes les voitures et camions réunis. Chacun est libre de gérer sa vie selon ses valeurs et ses limites émotionnelles. Peut-être nous verrons nous aux Agapes du printemps...Je réalise que je n'aime pas tellement échanger de cette façon, i.e. au travers du forum.
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Re: Fondation de l'humanisme

Messagepar Alain Poitras » Lun Oct 05, 2009 1:07 am

"Fondation de l'humanisme" est un excellent texte, j'aime moins la discussion qui suit concernant le "spécisme" et la relation "Prédateur-Proie" entre humains qui suit, c'est justement le grand drame que vit notre monde.

C'est bien certain que l'humain est un animal, un animal ayant une capacité de réfléchir nettement supérieure à celle de tout les autres animaux, c'est ce qui lui donne le pouvoir de transformer et gérer le monde qui l'entoure.

Malheureusement et paradoxalement, les gens qui ne croient pas faire parti du règne animal sont souvent ceux qui agissent le plus comme des animaux féroces en tant que prédateurs, les humains vraiment sensés cherchent sans cesse à améliorer les conditions de vie pour tous les êtres vivants de la planète, ce qui passe par le respect de leur environnement.

Ce n'est pas ce qu'on constate en observant les relations entre humains dans le monde ... Les humanistes ont beaucoup de pain sur la planche, l'idéal recherché est encore si loin qu'aucun d'entre-nous ne le verra de son vivant !

C'est un bon début de poser les fondements de l'humanisme mais il doit y avoir un suivi, des actions doivent être posées, ce forum est l'endroit par excellence pour apporter des idées en ce sens. Philosopher, c'est un passe-temps agréable mais ça ne change pas grands choses dans le monde, les croyants de toutes les religions nous sont hostiles, inutile d'essayer de leur expliquer qu'ils font fausse route, il faut combattre individuellement et ouvertement tout ce qui est religion car les religions sont insensées et sont la source des plus grands conflits depuis toujours, c'est la première action que doit viser la communauté humaniste internationale.
Être ou ne pas être, voilà la question !
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