Rodrigue Tremblay - Code pour une éthique globale

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Modérateurs: Michel Virard, mpion

Rodrigue Tremblay - Code pour une éthique globale

Messagepar Michel Virard » Lun Sep 07, 2009 4:00 pm

------- Forwarded message -------
From: "Hannelore Poncelet" <hanniponcelet@hotmail.com>

Rodrigue Tremblay, Le code pour une éthique globale, Liber, Montréal, 2009.
Ce que nous pensons du « décalogue » du professeur Rodrigue Tremblay, par Hannelore Daniel-Poncelet et Léo Poncelet.


Réponse à Hannelore Poncelet et Léo Poncelet par Rodrigue Tremblay, auteur du livre Le Code pour une éthique globale


http://www.uuqc.ca/Tribune%20Libre/tribune1_1_0.html


A tous,

J'ai pris connaissance de l'article écrit par Léo et Hannelore Poncelet sur le dernier livre de Rodrigue Tremblay (et aussi de la réponse de Rodrigue). Je tiens à les féliciter pour avoir pris le temps de faire une véritable analyse détaillée: une texte de pas moins de 18 pages. Rodrigue a répondu à plusieurs erreurs d'interprétation de son texte mais pas toutes, il en reste que j'adresse ici. Bien que les principes des UU rejoignent la plupart des idées proposées par Rodrigue, les recenseurs remarquent des divergences importantes dont les deux suivantes.

J'ai remarqué que la notion de "droit naturel de propriété" utilisée par Rodrigue les laissent perplexes. Nous avons vu que, parmi les humanistes, il existent déjà de grandes variations de position sur ce sujet alors je ne suis pas surpris que les UU y trouve à redire. Mon opinion personnelle est que le terme "propriété" est insuffisamment précis pour rendre compte des diverses réalités qu'il entend recouvrir ce qui conduit inévitablement à des quiproquos. Le droit à l'intégrité physique (possession de son corps), tout a fait défendable, n'est pas de même nature que la possession exclusive et totale d'un territoire, d'un objet où d'une chanson, et il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet.

Le deuxième point qui les fait s'interroger longuement (3 pages) est le recours à la seule "raison" comme voie de connaissance. Il est bien possible que l'essentiel de la différence entre les humaniste et les UU se trouve concentré sur ce point. Les UU défendent une position très "libertaire" en ce sens que la recherche de la vérité est laissée à chacun: "La liberté et la responsabilité de chaque personne dans sa recherche de la vérité, du sens de la vie, et de la signification des choses." et Léo et Hannelore précisent: "Ce principe est destiné à un type d'action qui aspire à établir le vrai par l'hétérogénéité des voies de connaissance. La connaissance par le mythe et la poésie est parfois plus appropriée que celle basée sur la raison abstraite pour mieux comprendre certaines matières. La lecteur d'un grand roman, par exemple, nous fera souvent mieux comprendre les arcanes de la vie qu'une étude sociologique.". L'approche des UU les honore car elle ne préjuge pas, pour un individu, de la meilleure manière de s'approprier de nouvelles connaissances. Toutefois je ne crois pas qu'il y a autant de différences avec la position humaniste de Rodrigue que ce qu'ils laissent entendre. En fait il faut distinguer l'acquisition de nouvelles connaissances par l'espèce homo sapiens sapiens et la façon dont chaque individu accède à ces connaissances. Dans le premier cas il ne fait aucun doute que la construction de notre extraordinaire cathédrale sémantique repose avant tout sur l'usage de la raison tandis que, pour la plupart des individus, la diffusion de ces avancements peut et doit prendre d'autres chemins si l'on aspire à une transmission du savoir qui tienne compte de nos profils psychologiques, variés à souhait. Lorsque j'utilise ce que les "humanités" m'ont enseigné dans ma jeunesse pour diffuser la pensée critique ou faire de la vulgarisation scientifique, je ne fais rien d'autre que suivre le conseil des UU.

Où le débat s'approfondit c'est, toujours dans la même section, lorsque Rodrigue est accusé d'une forme de scientisme. Les critiques de nos amis sont toujours les plus douloureuses et celle-là ne fait pas exception. Il est en effet probable (mais non certain) que, selon le très cité pasteur UU Peter Morales "La science ne nous fera jamais découvrir un art de vivre intellectuellement et émotionnelement satisfaisant", mais cela n'est pas non plus le propos de Rodrigue qui parle de morale plutôt au premier chapitre. Je crois que sa position en matière de morale ne découle nullement de la science mais avant tout de deux principes: le premier et le dixième. La combinaison du respect de la dignité de chaque individu ET des processus véritablement démocratiques est la clef de la définition implicite de normes morales. Toutefois, et cela ne doit jamais être oublié, ce sont les connaissances objectives proposées par la science qui éclairent toujours les débats moraux et s'imaginer que l'on puisse faire de la morale sans jamais devoir référer à des connaissances objectives est le propre des religions soumises à une foi impérative. Sans doute, une morale, produit explicite ou implicite de processus démocratiques imparfaits est elle-même toujours imparfaite, toujours en devenir, toujours contestable mais nous savons d'expérience qu'elle a tendance à éviter les erreurs véritablement tragiques. La démocratie ne mène pas automatiquement à l'inquisition, aux autodafés, aux emprisonnements sans justification, au bellicisme, à l'endoctrinement des jeunes. Mais la démocratie seule, sans l'aide du premier principe, le respect et la dignité de chaque personne, y compris votre pire ennemi, est insuffisante à assurer une société où il fait bon vivre. Sans ce premier principe, la démocratie dépéri et se trouve rapidement pervertie au profit soit d'une oligarchie, soit d'une majorité tyrannique. De fait, sans ce premier principe, rien n'est possible et Rodrigue insiste suffisamment sur cet aspect pour que le soupçon de scientisme soit déclaré nul et non avenu.

Michel Virard
Dernière édition par Michel Virard le Mar Sep 08, 2009 6:22 am, édité 1 fois.
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Re: Rodrigue Tremblay - Code pour une éthique globale

Messagepar mpion » Lun Sep 07, 2009 10:37 pm

J'ai pris connaissance des deux textes avec beaucoup d'intérêt. Que voila un débat de haut niveau! J'ai apprécié par le fait même l'occasion de connaitre un peu mieux les principes de nos amis unitariens que je connaissais très peu je m'en confesse.

Pour avoir lu le livre de M. Tremblay, je suis plutôt en accord avec les commentaires de Michel. Je ne crois pas non plus que l'on puisse lire une apologie du scientisme dans le chapitre 6. Quoi qu'il en soit il est bon que ces principes soient débattus si cela contribue à les répandre.
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